Peter Von Poehl

Peter Von Poehl

En accord avec A Gauche De La Lune

Avec un splendide troisième album longuement mûri sur scène, le Scandinave Peter von Poehl signe son œuvre la plus orchestrée et continue de faire des miracles mélodiques : son écriture de miniaturiste parle directement au cœur.

Il se sera écoulé presque quatre ans entre le dernier morceau de May Day et celui qui ouvre son splendide successeur Big Issues Printed Small. Quatre années sans nouvelles de Peter von Poehl, c’est beaucoup. "J’avais composé May Day après trois années de tournée, sans faire de pause. Cette fois, j’ai été heureux de pouvoir prendre mon temps, de me nourrir d’autres projets… " Heureusement, le francophile Suédois ne nous avait pas complètement abandonné. Il a continué à égrener en toute discrétion, ici et là, diverses pépites musicales : le grand public a entendu ses morceaux égayer le générique des films à succès L’Arnacoeur et La Guerre est déclarée. On le retrouvera aussi cet hiver à l’occasion de deux long-métrages, dont il a cette fois signé la bande originale : Main dans la Main, de Valérie Donzelli à nouveau, et le film de science fiction lithuanien Vanishing Waves (déjà devenu culte !) Ses fidèles, enfin, ont pu l’apercevoir sur scène, notamment lors d’un concert philharmonique remarqué à la salle Pleyel.

C’est d’abord pour la scène que Peter Von Poehl a façonné les dix chansons de Big Issues Printed Small, confiant les arrangements à son complice Martin Hederos, échappé de la formation suédoise The Soundtrack Of Our Lives. "C’était une façon extrêmement luxueuse de préparer le disque : je pouvais essayer les nouveaux morceaux en live avec différentes formations." Dans cette série de concerts, le musicien a en effet vu l’occasion de peaufiner sa souplesse: il s’est produit accompagné aussi bien d’un orchestre de quarante musiciens classiques que d’un unique violoncelliste. Tout en gardant à l’esprit, à chaque fois qu’il composait un titre, un cahier des charges bien précis: l’album qui en découlerait devrait sonner comme ce qu’il nomme joliment "un disque d’orchestre lo-fi."

Pour enregistrer celui-ci, Peter von Poehl s'est enfermé dans le studio où il a l'habitude d'enregistrer, Aerosol Grey Machine situé dans la campagne suédoise à Vallarum, à quelques encablures de Malmö. Il y a retrouvé Christoffer Lundquist, ingénieur du son déjà présent sur ses deux premiers albums et à qui il a, à nouveau, attribué le rôle de coproducteur, ainsi que Martin et une vingtaine de musiciens. Avec cette belle équipe, Peter a enregistré son album à l’ancienne, sur bande. Après deux années passées à déployer longuement et soigneusement les chansons sur scène, leur fixation pour la postérité n'aura duré qu'une journée, afin de conserver « une démarche naturelle », spontanée, enregistrant en live, tous réunis dans une seule et même pièce, morceau après morceau. "Pour les concerts, il avait fallu écrire les morceaux sur partition, notamment pour confier les arrangements aux musiciens. Ce disque était donc très écrit : chaque note était fixée sur papier. Pourtant, j’ai voulu partir de ce document pour pouvoir au contraire enregistrer naturellement, conserver tous les petits sons inattendus qui peuvent émaner d’un enregistrement de ce type, tous les imprévus… » Fruit de cette session d’enregistrement automnale, Big Issued Printed Small est un album sensible, émouvant. Un grand disque de miniaturiste, une magnifique somme de détails, où les arrangements et la technique restent, toujours, au service de l’émotion. En dix morceaux, l’album renoue avec l’intimité de l’inoubliable Going to where the Tea Trees Are mais en offrant à Peter von Poehl une nouvelle casquette de chef d’orchestre- voire de chef d’orfèvre. On pense ainsi parfois, dans ces cascades de clarinettes, hautbois et trombones, aux épopées épiques et fragiles à la fois de Sufjan Stevens (Lover’s Leap, To the Golden Rose). Niché au cœur du disque, le titre qui lui a donné son nom est d’ailleurs, à lui seul, une prouesse de délicatesse, un petit miracle mélodique aux cuivres fragiles et qui évoque une improbable rencontre entre Neil Hannon de The Divine Comedy et le Dylan de The Times they are a-changin’. L’arnacoeur peut aller se rhabiller, Big Issues Printed Small est aujourd’hui un disque perce-cœur : paru en février, il s’assure déjà une place dans les palmarès de 2013.

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Agenda

  • 04/05/2013 - Centre Culturel MosaïqueCollinée (22)
  • 09/05/2013 - Festival Algue Au RythmeArradon (56)
  • 17/05/2013 - Les Petites FoliesPloumoguer (29)
  • 24/05/2013 - Cave Troglodyte (Prod Confort Moderne)Marigny Bizay (86)
  • 01/06/2013 - Festival Green DaysVodoncourt (25)
  • 28/06/2013 - Nuits CarréesAntibes (6)
  • 13/07/2013 - La PamparinaThiers (63)

Discographie

Big Issues Printed Small
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Mars 2013
Differ-Ant
May Day
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2009
Tôt ou Tard
Going to where the Tea-Trees are
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2006
Tôt ou Tard